19/01/2026 – Jeudi 15 janvier 2026, la réunion de clôture du projet 3F2E – Filière Française de Fibre pour Environnement Extrême, s’est tenue au château Saint-Léger (iXcampus Saint-Germain-en-Laye), marquant l’aboutissement de quatre années de projet collaboratif au service d’une technologie stratégique pour la souveraineté industrielle française.
Mené sur la période 2022–2025, le projet 3F2E est financé par le guichet Plan de Relance Nucléaire et soutenu par Bpifrance, pour un budget global de 1,8 M€ sur 4 ans. Son ambition : développer des fibres optiques spéciales dotées de revêtements métalliques et/ou carbone, capables de fonctionner seules ou intégrées dans des capteurs, en environnements nucléaires extrêmes, soumis à de fortes contraintes de température et d’irradiation.
Un consortium complémentaire pour une filière 100 % Made in France
Le programme 3F2E réunit un consortium de cinq partenaires aux expertises complémentaires : Exail (leader du projet), Photonics Bretagne, SEDI-ATI, TechnicAtome et EDF, avec le soutien des GDO de la filière.
L’objectif est clair : structurer une filière intégrée 100 % Made in France, capable de s’affranchir des fournisseurs étrangers et de garantir la souveraineté nationale sur une technologie critique pour le secteur nucléaire et les environnements sévères.
Le rôle clé de Photonics Bretagne dans le développement des fibres à revêtements spéciaux
Dans le cadre du projet, Photonics Bretagne est intervenu en tant que plateforme technologique, en co-développement étroit avec Exail, avec pour objectif principal la conception de fibres optiques à revêtements métalliques et carbone.
Le projet 3F2E a nécessité des développements technologiques conséquents afin d’atteindre à la fois les spécifications du cahier des charges et une maturité équivalente à l’état de l’art mondial. L’un des verrous technologiques majeurs résidait dans le contrôle de la microstructure du métal déposé, en particulier de l’aluminium. Cette microstructure joue en effet un rôle primordial sur les propriétés optiques et mécaniques des fibres, au point que certaines microstructures rendent la fibre inutilisable.
Le succès des équipes de Photonics Bretagne a été de définir et maîtriser des conditions de fibrage optimales, pour obtenir une microstructure lisse monocristalline, présentant les meilleures propriétés, et ce sur des longueurs de plusieurs kilomètres de fibre. La stabilité et la robustesse du procédé développé permettent aujourd’hui de répondre pleinement aux besoins des industriels partenaires du projet, EDF et TechnicAtome.


Une maturité industrielle atteinte et une gamme commerciale complète
La réussite du projet repose à la fois sur le développement de quatre procédés de fabrication totalement distincts de fibres à revêtements spéciaux – aluminium, cuivre, carbone et polyimide – et sur l’atteinte d’une maturité industrielle élevée. Ces avancées ont permis la commercialisation d’une gamme complète de fibres optiques à revêtement aluminium, comprenant :
- différents types de guides d’onde : monomode, multimode à saut d’indice et multimode à gradient d’indice,
- plusieurs diamètres de gaine : 125 µm, 240 µm et 440 µm.
Au total, une dizaine de références commerciales sont d’ores et déjà qualifiées et disponibles à la vente, via notre partenaire Exail (E-shop).
Par ailleurs, afin d’adresser les marchés les plus exigeants en matière de hautes températures et d’environnements nucléaires, l’ensemble des fibres est proposé :
- soit avec un cœur dopé au germanium,
- soit avec un cœur de silice pure optimisé pour la tenue aux radiations,
Vers des capteurs pleinement opérationnels
Le projet 3F2E a également permis à SEDI-ATI by Fiber Optics Group de réaliser des avancées technologiques clés sur l’assemblage et la connectorisation des fibres optiques à revêtements spéciaux, étapes indispensables à leur intégration dans des capteurs opérationnels pour les environnements nucléaires et sévères.
EDF, utilisateur final des technologies développées
D’un point de vue utilisateur, EDF et TechnicAtome ont pu tester en conditions réelles les fibres comme en souligne EDF :
EDF utilise depuis de nombreuses années la mesure distribuée par fibre optique pour la surveillance de ses installations. Cependant, les fibres optiques actuelles ne sont pas adaptées aux conditions extrêmes rencontrées dans certains environnements (radioactivité, température…). Les fibres développées dans le cadre du projet 3F2E répondent parfaitement à ce besoin et permettent d’envisager d’étendre l’utilisation de ce type de mesure dans les centrales nucléaires. Par ailleurs, ces fibres ont aussi démontré la possibilité de mesurer la température d’air, sans aucune sensibilité au rayonnement thermique.
Des perspectives au-delà du projet 3F2E
Au delà des perspectives commerciales, le savoir-faire exceptionnel acquis par Photonics Bretagne dans le cadre du projet 3F2E offre aujourd’hui de nouvelles possibilités de développement, notamment en l’associant à un autre de ses domaines d’excellence : la fabrication de fibres optiques à cœurs creux. De futures innovations qui font d’ores et déjà l’objet du projet HOPEX, illustrant la continuité des efforts engagés pour repousser les limites des technologies photoniques en environnements extrêmes.