IPR Rennes-source-rayonnement
University of Rennes1: Realisation of a compact optical source of microwave radiation
30 January 2017
patchwork-photos-adhérents-PW2017
Big success in San Francisco: Photonics Bretagne and 18 of its members exhibited at Photonics West 2017
20 February 2017

Oxxius miniaturises lasers

thierry-georges-oxxius
thierry-georges-oxxius

Il a fallu une dizaine d’années à Oxxius pour mettre au point un laser d’un nouveau genre qui tient dans la main. Cette société lannionnaise travaille avec les laboratoires de recherche et les industriels. Depuis 2016, elle se développe commercialement et embauche.

Thierry Georges, patron d’Oxxius, a mis une dizaine d’années à maîtriser la miniaturisation des lasers en remplaçant le gaz par les cristaux. En France, la société lannionnaise est seule à posséder ce savoir-faire. En Europe, elles ne sont que trois à avoir réussi ce tour de force et huit dans le monde. « On a mis dix ans à développer nos technologies. Aujourd’hui, elles sont opérationnelles et on se développe commercialement », indique Thierry Georges.

Une dizaine d’embauches envisagée
Oxxius a réalisé un chiffre de 3 à 3,5 M€ pour 2016 en produisant 500 lasers. Pour cette année, Thierry Georges met la barre un peu plus haut : entre 700 et 800 pièces. En 2018, il espère en produire un millier. Cette courbe commerciale s’accompagne d’une vague d’embauches. Il y a un an, la société lannionnaise comptait 23 salariés dans ses rangs. Ils sont 33 aujourd’hui. Thierry Georges a prévu une dizaine d’embauches supplémentaires pour accompagner le développement d’Oxxius. À la fin du printemps ou à l’été, sa société va également déménager dans des locaux plus spacieux de 1.500 m², au-dessus de Photonics Bretagne à Pégase. Elle se sent aujourd’hui un brin à l’étroit dans ses bureaux de 800 m². Pour faire simple, Oxxius se donne les moyens de ses envies pour grandir. « Nos clients sont les scientifiques qui achètent des lasers pour inventer des nouveaux appareils de mesure dans leur labo : vitesse, chimie, nanoscopie… Quand les principes sont démontrés, les industriels vont faire des super-microscopes, des vélocimétries, des analyseurs chimiques… Nos cibles sont aussi ces gens-là. Dans chaque instrument de mesure, il y a un laser ». C’est Oxxius qui le leur vend.

L’ultraviolet profond
Depuis début 2016, la société lannionnaise a vu la demande et les besoins des clients changer : « Certains qui achetaient plusieurs lasers ne voulaient plus acheter des lasers. Ils voulaient un sous-système évolué : une brique avec plusieurs lasers et plusieurs fonctionnalités ». Ce qu’on appellera un combineur de longueur d’ondes. Oxxius a planché sur cette demande. La région Bretagne vient justement de lui accorder une aide au développement pour se diriger dans cette voie. Ce coup de pouce financier va lui permettre d’accroître ses capacités de production pour mettre sur le marché un nouveau combineur de longueur d’ondes adapté aux besoins de la microscopie moderne. Il intégrera quelques UV. « On voit que la tendance va plutôt vers l’ultraviolet profond (une longueur d’ondes de plus en plus courte). Ces UV sont intéressants. Ils donnent l’identité d’une molécule sans préparation. Le marché est à créer. On pense qu’on a une solution qui peut être installée dans un instrument ». Oxxius pourrait atteindre entre 5 et 8 M€ de chiffre d’affaires, dans les deux ou trois ans à venir.

Des secteurs d’activité porteurs
Aujourd’hui, la société lannionnaise travaille à 40 % avec les États-Unis, 40 % avec l’Europe et 20 % avec le Japon et la Chine. Elle a d’abord commencé à séduire aux États-Unis. « Les Américains ont l’avantage d’aimer la nouveauté. Ils n’ont pas peur de travailler avec une petite boîte ».

Thierry Georges identifie plusieurs secteurs porteurs qui devraient occuper Oxxius dans les prochaines années : « Les biotechnologies notamment la microscopie avec le combineur, l’analyse sanguine et la spectroscopie Raman. C’est de l’analyse chimique instantanée, à distance et sans contact. C’est extrêmement intéressant pour les entreprises liées à la pharmacologie ». Si l’entreprise se développe commercialement aujourd’hui, elle n’oublie pas les fondamentaux. « On n’arrête pas en recherche et développement car ce sont des métiers extrêmement innovants. Dans chaque génération de produits, il y a un laser plus performant qui est intégré. C’est l’élément le plus technologique dans le système », conclut le patron d’Oxxius

© Le Télégramme – Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lannion/oxxius-celui-qui-savait-miniaturiser-les-lasers-25-01-2017-11375453.php